Ça s’est passé un… 24 octobre

2003

Le Concorde effectue son dernier vol à Londres.

1991

Céline Dion et Peabo Bryson lancent la chanson «Beauty And The Beast», la pièce titre d’un nouveau film de Disney.

1982

Steffi Graf joue son premier match de tennis professionnel.

1978

Keith Richards est arrêté pour possession d’héroïne à Toronto.

1976

Ouverture du 1er Toronto International Film Festival.

1973

John Lennon poursuit le gouvernement américain et le FBI pour l’avoir mis sous écoute .

1960

Jean Drapeau est réélu à titre de maire de Montréal.

1945

Les Nations Unies sont officiellement créées moins d’un mois après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

1931

Le gangster Al Capone est condamné à 11 ans de prison pour évasion fiscale.

1926

Harry Houdini présente sa dernière performance publique au Garrick Theatre de Détroit, Michigan.

1857

Le tout premier club de soccer est fondé en Angleterre, le Sheffield F C,

Trump bombarde sans limite : neuf strikes, zéro transparence, le Congrès regarde

L’absurde militarisé en haute mer

Je dois te dire. Quelque chose vient de basculer. Le 22 octobre 2025—hier soir, presque—Donald Trump a ordonné l’exécution de neuf navires en quatre semaines. Neuf bateaux. Dans les eaux internationales. Sans déclaration de guerre. Sans autorisation du Congrès. Sans procès. Sans preuves tangibles. Et à chaque fois, la même vidéo noir et blanc d’une trentaine de secondes : un bateau qui flotte. Une explosion. Des débris qui flottent. « Ennemi vaincu. Adieu. » Voilà. C’est tout. Trente-sept personnes mortes. Trente-sept. Ce chiffre. Il faut que tu le comprennes. Ce n’est pas une statistique. Ce sont des vies. Des hommes. Peut-être des familles. Trump les compare à « Al-Qaïda », à « des narco-terroristes » qui ne méritent « aucun refuge » et « aucun pardon ». Juste une exécution. Juste la justice. Selon lui. Mais comment? Comment peut-on tuer trente-sept personnes et affirmer, sans trembler, qu’elles trafiquaient de la drogue? Comment? Je pose la question parce que personne ne semble capable de répondre. Le Pentagone refuse de fournir les détails. Les vidéos ne montrent aucune cargaison. Aucun document. Aucune preuve concrète. Rien. Juste l’assurance du gouvernement américain : « Croyez-nous. C’étaient des trafiquants. » Et voilà que les bateaux brûlent. Et voilà que personne ne peut les contredire. Parce qu’ils sont morts. Parce qu’il n’y a pas de tribunal. Pas d’appel. Pas de droits. Juste une arme. Juste une explosion. Juste le silence qui suit.

Ce qui me frappe le plus—et écoute-moi bien—c’est l’incroyable normalisation de l’anormal. Les médias couvrent ça comme un événement. Les politiciens dénoncent ça avec des mots doux. Les juristes évoquent des zones grises légales. Mais personne. Personne ne hurle. Personne n’arrête les bateaux qui arrivent. Personne ne dit non. Le seul leader qui ose—véritablement ose—c’est Gustavo Petro, le président de la Colombie. Et Trump le traite de « loser », de « trafiquant de drogue », lui coupe l’aide militaire, le menace publiquement. « Watch it », a-t-il écrit sur ses réseaux. Regarde. Regarde bien. Parce que je suis capable de tout. Capable de détruire un gouvernement allié. Capable d’arrêter les livraisons d’armement. Capable de t’effacer. C’est ça le message. C’est ça qu’on vient de voir. Et c’est ça qui doit te terrifier, pas l’absence de preuves. C’est ça qui doit te réveiller.

Neuf strikes. Quatre semaines. Une escalade vertigineuse

D’abord le Caraïbe, puis la percée du Pacifique

Ça a commencé en silence. Le 2 septembre 2025. Un premier bateau. Puis un deuxième. Puis un troisième. Tout dans la Caraïbe. Tout au large du Venezuela. Trump parlait de guerre contre la drogue, de fentanyl qui ravage les États-Unis, de « 25 000 Américains morts chaque année » à cause du trafic. Et techniquement—juridiquement—il avait un argument. Les cartels mexicains inondent l’Amérique. C’est vrai. Le fentanyl tue massivement. C’est documenté. Mais voilà le truc : les bateaux qu’il attaque ne viennent pas du Mexique. Ils opèrent dans les Caraïbes. Ils naviguent en eaux internationales. Ils transportent—selon Trump—du cocaine vers l’Amérique du Nord. Et Trump a décidé que « non ». Que c’est fini les lois. Que c’est fini les frontières. Que c’est fini les procédures. Que la mort aérienne sera la seule réponse.

Les premières semaines? Personne ou presque ne remarquait. Les médias de droite applaudissaient. « Trump prend les cartels au sérieux », clamaient-ils. Les médias de gauche criaient au despotisme. Les deux côtés utilisaient le même événement pour valider des narratives opposées. Mais personne n’arrêtait vraiment. Et puis—mardi 21 octobre—une première. Trump ordonne une frappe dans le Pacifique. Première fois. Deuxième océan. Même logique. Même vidéo. Même absence de preuve. Deux morts. Et puis le lendemain, mercredi 22 octobre, une neuvième frappe. Trois autres morts. Total en quarante-huit heures : cinq morts. En trois jours : neuf strikes. Neuf. C’est exponentiel. C’est une logique de croissance. C’est la promesse silencieuse que ça va s’accélérer, que ça va s’intensifier, que le Pacifique n’était qu’un début. Trump a même déclaré—textuellement—qu’il était « totalement prêt » à étendre les opérations sur terre. Sur terre. Tu comprends? Du air-strike sur les côtes vers des opérations terrestres. Vers une guerre déclarée et totale. Vers une intervention militaire massive en Amérique latine. « Si l’extension se fait vers terre, on peut retourner au Congrès », a-t-il dit avec une décontraction terrifiante. Peut-être. Comme si ça changeait quelque chose. Comme si le Congrès républicain allait lui dire non.

Le calcul de Trump : faire peur plus qu’arrêter

Parce que voilà le réel enjeu. Trump ne cherche pas à arrêter la drogue. Il n’y a aucune preuve que ça fonctionne. Les saisies de cocaine continuent à monter. Les décès par overdose aux États-Unis restent catastrophiques. Rien ne change. Rien ne s’améliore. Alors pourquoi? Pourquoi faire ça? La réponse est politique. Viscéralement politique. Trump se positionne comme « le homme fort ». L’homme qui n’a peur de rien. L’homme qui utilise la machine militaire la plus puissante du monde pour détruire des adversaires—réels ou supposés. Il se compare à Ronald Reagan dans la guerre froide. Il se compare à George W. Bush après le 11 septembre. Il cherche une narration héroïque où il est le gladiateur, le protecteur, le sauveur. Et pour ça, il a besoin que tu aies peur. Que tu voies des explosions. Que tu entendes parler de « cartels » et de « narco-terroristes ». Que tu acceptes l’anormal comme la nouvelle normalité. Le calcul fonctionne remarquablement bien. Les sondages montrent que 56 % des Américains appuient ces attaques. 56 %. Ils regardent une vidéo de 30 secondes d’une explosion, entendent le mot « drogue », et concluentque c’est justifié. Que c’est nécessaire. Que c’est juste. Voilà comment ça marche. Pas par la logique. Par l’émotion. Par la peur. Par la spectacle.

L’arme atomique juridique : la déclaration de guerre interne

Le coup de génie—et je dis ça avec une dose énorme de sarcasme amer—c’est que Trump a trouvé une base légale. Faible? Extrêmement. Contestable? Absolument. Mais existante. Le 1er octobre 2025, Trump a officially notifié le Congrès que les États-Unis étaient engagés dans un « conflit armé non-international » avec des « combattants illégaux ». Les cartels de drogue. Boom. D’un coup, il les classe au même statut juridique que les talibans, Al-Qaïda, les milices terroristes. Et dans un conflit armé? Tu peux tuer. Tu peux frapper. Tu n’as pas besoin de preuves immédiates. Tu n’as pas besoin de capture. Tu n’as besoin de rien. Juste une déclaration unilatérale du président. Le Pentagone a même transmis un mémorandum au Congrès : « En conflit armé, un pays peut légalement tuer des combattants ennemis même s’ils ne représentent pas une menace immédiate. » Donc voilà. Techniquement, c’est légal. Extraordinairement immoral? Probablement. Contraire à la Convention de Genève? Peut-être. Mais légal? Selon la jurisprudence américaine actuelle? Oui. Et ça, c’est ce qui fait peur. Parce que c’est le précédent. Parce que c’est l’arme que tous les futurs présidents vont pouvoir utiliser.

Des avocats militaires retraités—des vrais experts—ont publié des analyses juridiques déchirantes. Ils expliquent que le statut de « combattant ennemi » ne s’applique pas aux trafiquants de drogue. Qu’il n’existe pas de conflit international formalisé. Que les règles de guerre—« les lois et coutumes du conflit armé »—exigent une distinction entre combattants et civils, une proportionnalité, une nécessité militaire. Tu ne peux pas juste tirer sur un bateau en mer et dire « c’était un combattant » sans preuve. Sauf que Trump le fait. Et personne ne peut l’arrêter maintenant parce qu’il a reçu le méchanisme legalpour le justifier après coup. La Cour suprême? Elle va probablement—probablement—valider ça. Les républicains au Congrès? Ils applaudissent. Les démocrates? Même Rand Paul et Lisa Murkowski, deux sénateurs républicains qui crient au despotisme, ne peuvent que protester. Protester. C’est tout ce qu’il leur reste. Des mots. Pendant que les bateaux brûlent.

Gustavo Petro : le seul qui ne se couche pas

Quand la Colombie se dresse contre l’empire

Il y a un politicien qui a osé. Véritablement osé. Gustavo Petro, le président de la Colombie—un leader de gauche, intellectuel, ex-guérillero devenu démocrate. Il n’a pas accepté la narratif trumpienne. Il ne s’est pas prosterné devant la puissance militaire américaine. « C’est l’application de la peine de mort sur un territoire qui n’est pas le vôtre », a-t-il déclaré après la frappe du 22 octobre. Et c’est exact. C’est précis. C’est courageux. Parce que critiquer Trump en tant que leader latino-américain? C’est risqué. Tu perds l’aide militaire. Tu perds les alliances. Tu deviens un « ennemi ». Et c’est exactement ce qui s’est passé. Trump—en vrai tyran de dessin animé—l’a appelé un « thug », un « incompétent », un « drug dealer » qui détruit son propre pays. Le secrétaire d’État Marco Rubio a utilisé le mot « lunatic ». Littéralement. Cinglé. Fou. Et puis Trump a coupé l’aide militaire. Juste comme ça. Plusieurs milliards de dollars en équipement, formation, renseignement militaire. Fini. Adios. Parce que Petro a osé dire la vérité.

Ce qui est absurde—et c’est où j’aimerais te forcer à regarder en face—c’est que les frappes se produisent près de la Colombie. Techniquement en eaux internationales. Mais pas loin. Le Pacifique colombien. Et la plupart des bateaux—ceux du Caraïbe surtout—naviguent depuis des ports colombiens. Partent de Colombie. Utilisent l’infrastructure colombienne. Donc Petro aurait pu laisser faire. Laisser les Américains nettoyer. Se taire. Garder l’aide militaire. Garder les alliances. Rester ami. Mais il ne l’a pas fait. Il s’est levé. Il a dit non. Et maintenant il se tient seul. Avec ses avocats américains—il a menacé de poursuivre Trump légalement aux États-Unis—et son intégrité. C’est une scène historique d’un leader qui refuse l’empire. Ça ne durera probablement pas. Trump va probablement trouver un moyen de l’écraser. Mais pour l’instant? Petro est debout. Et ça compte. Même si ça fait mal.

La Colombie, victime d’une stratégie désespérée

Parce qu’il y a un truc important que personne ne dit clairement. Les cartels colombiens ne sont pas une invention. Ils existent depuis des décennies. Le cocaine vient de la Colombie, du Pérou, de la Bolivie. C’est géographique. C’est économique. C’est structural. Et Trump ne va pas résoudre ça en bombardant des bateaux. Ça change rien. La production continue. Le trafic continue. Les morts continuent. Les overdoses aux États-Unis continuent. Les familles américaines continuen à pleurer. Donc pourquoi? Pourquoi ce spectacle de destruction? Parce que Trump a besoin de montrer qu’il agit. Qu’il fait quelque chose. N’importe quoi. Même si ça ne marche pas. Même si ça crée des tensions diplomatiques massives. Même si ça pousse un leader latino-américain vers la confrontation. C’est l’illusion du pouvoir. C’est le théâtre. Et pendant ce temps, les cartels adaptent leurs routes. Ils se décentralisent. Ils trouvent d’autres chemins. La production de cocaine atteint des records. Plus de drogue rentre aux États-Unis qu’avant ces frappes. Et Trump? Il continue à envoyer des vidéos de 30 secondes de bateaux qui brûlent. C’est comme faire une vidéo TikTok en guerre. C’est l’Amérique en 2025.

American Flag Wave Close Up for Memorial Day or 4th of July

Les cadavres que personne ne voit

Voilà ce qui me dérange le plus profondément. Il n’y a pas de corps. Pas de noms. Pas de visages. Pas d’identité. Trump tue des gens dans l’obscurité absolue. Les vidéos montrent des bateaux—pas des êtres humains. Les mots parlent de « narco-terroristes »—pas de pères, de mères, de fils, de filles. On ne sait rien d’eux. D’où ils viennent. Qui ils sont. Si c’étaient vraiment des trafiquants ou juste des pauvres gars qui acceptaient un travail bien payé sur un bateau. Parce qu’en Amérique latine? Accepter de piloter un bateau pour les cartels, c’est survie. C’est le salaire d’une année en une semaine. C’est la seule opportunité. Donc oui, probablement des gens impliqués dans le trafic. Probablement. Mais—et c’est crucial—probablement pas des « terroristes » au sens où on entend le mot. Pas des planificateurs. Pas des idéologues. Pas des décideurs. Juste des travailleurs. Des ouvriers de la chaîne de drogue mondiale. Et ils méritaient un procès. Une chance. Une vérité. Même s’ils avaient tort. Même s’ils culpabilité était absolue. Ils méritaient plus qu’une vidéo qui brûle.

Trump dit qu’il les a sauvés. Qu’il a évité que la drogue ne tue 25 000 Américains cette année. C’est peut-être vrai. Mais c’est pas comment tu construis une civilisation. C’est comment tu la détruit. C’est comment tu dis—explicitement—que les lois ne s’appliquent plus. Que les droits sont négociables. Que la procédure est morte. Que l’exécution extrajudiciaire est acceptée. Et une fois que tu dis ça? Une fois que tu franchis cette ligne? Où est-ce que ça s’arrête? Les bateaux de drogue? Ou les organisations de défense des droits de l’homme? Ou les journalistes qui le critiquent? Ou les politiciens qui s’opposent? Où est la limite? Trump dit qu’il n’y en a pas. Et ça, c’est le signe d’une démocratie qui meurt. Lentement. Puis tout à coup.

Les juges qui regardent sans rien faire

Pendant ce temps, où est la justice? Où est le pouvoir judiciaire? Les tribunaux américains pourraient arrêter ça. Ils pourraient dire que c’est illégal. Que c’est anticonstitutionnel. Que c’est contraire à la Déclaration universelle des droits de l’homme dont les États-Unis ont signé. Mais ils ne le font pas. Pourquoi? Parce que Trump a nommé trois juges à la Cour suprême. Parce que les tribunaux fédéraux sont remplis de juges désignés par des républicains. Parce que la théorie du « pouvoir exécutif fort » est dominate. Parce qu’on a accepté—silencieusement, graduellement, fatalement—que le président peut faire à peu près n’importe quoi au nom de la « sécurité nationale. » Des appels? Quelques-uns. Des démocrates au Congrès qui demandent une investigation? Oui. Mais pas d’action. Pas de blocage. Pas d’injonction de la Cour suprême qui dit « arrête maintenant. » C’est un vide juridique. Un puits. Et Trump le remplit avec du béton.

La leçon pour le reste du monde

Et c’est là que je veux te laisser. Avec cette pensée. Avec ce malaise. Trump bombardant des bateaux sans approbation du Congrès n’est pas une anomalie. C’est un signal. C’est Trump qui teste les limites. C’est Trump qui regarde autour de lui et se demande—« jusqu’où je peux aller? » Et chaque jour où personne n’arrête? C’est un oui. Silencieux. Institutionnel. Mais oui. Oui, tu peux bombarder des bateaux. Oui, tu peux tuer sans procès. Oui, tu peux humilier les alliés. Oui, tu peux repousser les limites. Et le jour où les limites n’existent plus? Le jour où il n’y a plus de « non »? Voilà quand le vrai problème arrive. Voilà quand la démocratie ne sauve pas. Voilà quand la Colombie regarde depuis dehors. Et quand Petro crie dans le vide.

Source : Buzznews

Carney n’a plus rien à dire : le premier ministre fume de rage en silence

L’humiliation silencieuse d’un leader en crise

Elle est là. Devant toi. Sur le tarmac de l’aéroport d’Ottawa, vendredi matin. Mark Carney. Le premier ministre du Canada. Et il parle de « ce qu’on peut contrôler » au lieu de hurler. Il a l’air calme. Posé. Professionnel. Mais c’est pire que s’il explosait. C’est pire que s’il crachait sa colère. Parce que le silence? Le silence c’est l’acceptation. C’est la défaite. C’est un homme qu’on vient de gifler devant tout le monde—juste devant, sur la place publique—et qui murmure qu’il « se tient prêt » pour que les discussions reprennent. « Prêt ». Tu entends? Prêt à ramper. Prêt à se faire humilier à nouveau. Carney n’a pas une option. Il n’a que la soumission ou l’effondrement économique total du Canada. Et Trump? Trump le sait. Trump vient de le rappeler publiquement à 22 h 47, jeudi soir, en capsulant mille ans d’histoire commerciale canado-américaine en un message Truth Social. « TOUTES LES NÉGOCIATIONS COMMERCIALES AVEC LE CANADA SONT PAR LA PRÉSENTE ROMPUES. » Majuscules. Impératif. Pas de négociation possible. Pas de recours. Pas d’appel. Juste ça. Juste l’annihilation d’un accord qui était—techniquement, selon les sources—à quelques semaines de signature.

Et Carney? Il se tient sur le tarmac. Il parle de la Chine. Il parle de l’Asie. Il dit qu’il y a des « sommets » à faire. Il enfile ses commentaires comme un automate. Pas d’émotion. Pas de fureur. Juste des phrases creuses. Des platitudes diplomatiques. « On ne peut pas contrôler la politique commerciale américaine », dit-il. C’est exact. Tragiquement exact. Mais voilà la chose qu’on oublie : Carney—l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, l’homme qui a piloté l’économie britannique pendant la crise financière de 2008—a probablement jamais été dans cette position. Jamais. Un leader qui a nourri l’illusion qu’il pouvait négocier à armes égales avec Trump. Qui a cru—réellement cru—qu’en étant courtois, en visitant la Maison-Blanche il y a deux semaines, en écoutant les demandes du président américain, il pourrait construire quelque chose. Un accord. Une entente. Une paix commerciale. Deux semaines. 14 jours. C’était le temps qu’il fallait pour transformer l’optimisme en cendres.

L’optimisme qui s’est effondré en quarante-huit heures

« Très productif » : les dernières paroles avant la tempête

Attend. Remonte avec moi. Le 7 octobre. Il y a deux semaines à peine. Carney franchit les portes du Bureau ovale. Trump l’accueille. Ils parlent. Ils sourient pour les photos. Carney rentre à Ottawa et briefing les médias : les discussions sont « très productives ». Trump a dit au premier ministre canadien que les deux pays « ont beaucoup avancé ». Trump a demandé à Marco Rubio et à ses experts commerciaux de negotier spécifiquement sur l’acier, l’aluminium et l’énergie. Des secteurs clés. Des points de friction réels qu’on pourrait résoudre. Les sources gouvernementales canadiennes parlent d’un accord qui pourrait intervenir en novembre. En novembre. Quelques semaines plus tard. Le Globe and Mail rapporte qu’une entente sur ces trois secteurs semblait « très proche ». C’est le mot qu’on utilise : proche. Presque là. À portée de main. Carney descend de l’avion le 7 octobre gonflé d’une confiance qu’on n’avait pas vu depuis des mois. Le ministre du Commerce canadien prépare des déclarations. On croit à un dégel. On croit à une « reprise » de la relation commerciale. On croit qu’on peut sortir de cette crise.

Et puis? Et puis il y a ce maudit discours de Reagan. Cette pub ontarienne de 75 millions de dollars. Diffusée samedi et dimanche sur Fox News, Newsmax, NBC, CNBC. Quatre jours après la visite de Carney. Quatre jours. Le temps que ça prend pour que Trump la voit. Qu’il gère le message auprès de ses conseillers. Qu’il décide que c’est une provocation. Mercredi soir, Trump tweete qu’il a vu « une pub du Canada » dont il n’est pas « heureux ». C’est un avertissement. Jeudi matin, la Fondation Ronald Reagan balance un communiqué disant que l’Ontario a utilisé les propos de Reagan « frauduleusement », « sans permission », qu’elle déforme l’intent du discours original. C’est lundi que Trump frappe. Le vendredi soir, juste avant le weekend. Timing parfait. Quand personne dans le gouvernement canadien n’est vraiment réveillé. « TOUTES LES NÉGOCIATIONS COMMERCIALES AVEC LE CANADA SONT PAR LA PRÉSENTE ROMPUES. » Et voilà que Carney se retrouve sur le tarmac, vendredi matin, avec zéro option. Zéro réponse. Zéro plan.

Le ministre qui ne peut rien dire

Parce que c’est là que ça devient vraiment absurde. Carney ne peut pas répondre. Il ne peut pas critiquer Trump publiquement—ce serait faire empirer les choses. Il ne peut pas defendre Ontario—ce serait mettre plus de pression sur Doug Ford, déjà dans le collimateur de Trump. Il ne peut pas dire que Trump a tort—parce que qui va l’écouter? Trump a 330 millions d’Américains qui regardent. Carney a 40 millions de Canadiens qui souffrent déjà économiquement. Carney ne peut pas gagner une bataille publique avec Trump. Le rapport de force est trop inégal. Alors il fait quoi? Il se tait. Il monte dans l’avion. Il se rend en Asie. Il parle de rencontrer Xi Jinping. Il cherche une porte de sortie. Une stratégie alternative. Quelque chose—n’importe quoi—qui dise au monde que le Canada n’est pas totalement détruit, que Carney ne s’est pas juste assis et attendu de mourir.

Mais le truc, c’est que personne n’est dupe. Les analystes économiques canadiens savent que ça change rien. Les rencontres avec la Chine? Nobles. Utiles à long terme, peut-être. Mais elles n’aident pas ce mois-ci. Elles n’aident pas face aux tarifs de 35 %. Elles n’aident pas General Motors ou Stellantis qui perdent leurs exemptions tarifaires. Elles n’aident pas les travailleurs de l’automobile en Ontario. Elles n’aident pas le Canada qui vient de voir ses meilleures chances de résoudre cette crise s’évaporer en 48 heures. Carney est coincé. Prisonniers des caprices d’un président américain. Et le pire? C’est que ça pourrait s’aggraver. Trump a dit jeudi matin que les tarifs canadiens sur les produits américains étaient « injustes », qu’il ne « tolérerait pas » plus longtemps cette situation. Il évoque les éleveurs de bétail américains qui payent—prétend-il—jusqu’à 400 % de tarifs pour exporter vers le Canada. 400 %. Le nombre est probablement faux ou énormément exagéré. Mais peu importe la véracité. Peu importe les faits. Trump va utiliser ça pour justifier une nouvelle « phase » de tarifs. Une escalade. Une destruction complète de ce qui reste de commerce canado-américain.

L’économie canadienne au bord du gouffre

Je vais être direct : le Canada fait face à une crise sans précédent. Pas depuis la Grande Dépression. Pas même depuis la récession de 2008. Les tarifs de 35 % ont commencé en août 2025. Trois mois. Trois mois de destruction. L’économie ralentit. La croissance est tombée à 1,2 %. Le taux de chômage monte. L’Ontario—la province la plus riche, la plus peuplée, le moteur industriel du Canada—risque de perdre 450 000 emplois. 450 000. Ce n’est pas une abstraction. Ce sont des familles. Ce sont des maisons hypothéquées. Ce sont des enfants qui ne vont pas à l’université. Ce sont des petites villes qui se vident. Et Carney? Il est assis à Ottawa. Il dit qu’il va « doubler les exportations » vers d’autres pays. Oui. Oui, c’est une bonne stratégie à long terme. Mais ça prend du temps. Des années. Et en attendant? En attendant que le Canada se reconfigure économiquement, que les chaînes d’approvisionnement se restructurent, que de nouveaux partenaires commerciaux acceptent d’acheter du bois canadien, du cuivre canadien, de l’aluminium canadien? Les travailleurs attendent. Et leurs comptes bancaires se vident.

Pire, Trump pourrait faire d’autres choses. Il pourrait imposer des tarifs sur le bois. Sur l’électricité. Sur le gaz naturel. Sur le cuivre. Sur le lithium. Il a dit qu’il était « totalement préparé » pour faire ça. Il a dit qu’il n’hésiterait pas à « faire du mal » à l’économie canadienne s’il fallait. Ces mots—ses paroles exactes—ont été rapportés par plusieurs médias. « Faire du mal. » C’est pas une métaphore. C’est une menace. Et maintenant, en tuant les négociations, Trump envoie le signal que ce n’est pas des mots. Que ça va se produire. Que la prochaine phase de la guerre commerciale arrive. Et Carney? Carney peut juste attendre. Préparer son budget. Espérer que quelque chose se retourne. Espérer que les élections américaines changent les choses en novembre 2026. Espérer que le temps guérit. Espérer, espérer, espérer. Et rien de plus.

Doug Ford : le sacrifié politique de Carney

Parce que voilà, techniquement—légalement—c’est pas Carney qui a lancé cette pub. C’est Doug Ford. Le premier ministre de l’Ontario. La province. Et Trump l’appelle « Canadiens » et les blâme tous, fedéralement, collectivement, sans distinction. Ford essayait de faire quelque chose. Il se battait. Il dépensait 75 millions de dollars—un montant massif pour une province—pour faire passer un message. Oui, c’était politique. Oui, il voulait montrer qu’il prenait les tarifs au sérieux. Mais concrètement? Il cherchait à protéger les travailleurs ontariens. Et voilà que Trump le détruit. Voilà que Trump le traite de « loser ». Voilà que Trump menace Ford de « choses pires » si Ford continue. Et Carney? Carney doit maintenant—politiquement—prendre de la distance. Il ne peut pas defendre Ford trop fort, ce serait avouer que la pub était une stratégie fédérale. Mais il ne peut pas blâmer Ford non plus, ce serait fragiliser son propre gouvernement. Donc il se tait. Encore. Ford se tait. Encore. Et pendant ce temps, les tarifs continuent. Les emplois s’évaporent. Et personne n’a le cran de crier au scandale.

La Cour suprême américaine : l’arme secrète que personne n’évoque

Voilà un détail que les médias oublient de souligner. La Cour suprême américaine doit se prononcer le 5 novembre 2025 sur la légalité des tarifs de Trump. Le 5 novembre. Dans deux semaines. Et les tarifs—tous ces tarifs—reposent sur une théorie constitutionnelle fragile. Trump utilise la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence. Une loi de 1977. Qu’aucun président n’a utilisée de cette manière. Et plusieurs tribunaux ont déjà jugé ça « illégal ». Ça veut dire que la Cour suprême pourrait—techniquement—invalider tous les tarifs de Trump. D’un coup. Tout s’écroule. Et voilà pourquoi Trump est tellement furieux de cette pub de Reagan. Parce qu’elle parle au cœur du débat. Elle dit—au peuple américain, aux républicains—que les tarifs ne sont pas patriotiques. Que les tarifs font mal. Que Reagan lui-même, le héros de la droite, était contre les tarifs protectionnistes. Et si l’opinion publique se tourne contre les tarifs? Si les Américains décident que Trump se trompe? Si ça influence la Cour suprême? Tout s’écroule. Et Trump le sait. Trump le craint. Donc il tue les négociations. Il détruit l’optimisme. Il dit au monde entier : « non, vous ne pouvez pas me critiquer. » Et Carney? Il regarde. En silence. Parce qu’il n’a rien à faire.

Le prix de la faiblesse : la leçon pour les petites nations

Ce qui se passe avec Carney—ce qui s’est passé jeudi soir—c’est une leçon. Pour le monde. Pour tous les autres pays. C’est une démonstration de pouvoir. Trump montre que « quand on me critique, quand on me défie, je détruis tout. » Les négociations? Détruites. L’économie d’un pays? Sacrifiée. L’amitié entre nations? Incinérée. Et personne ne peut l’arrêter. Personne. Pas le Congrès. Pas les tribunaux. Pas la presse mondiale. Personne. Et ça, c’est terrifiant. Parce que ça signifie que le monde fonctionne plus sur la loi. Sur les règles. Sur les institutions. Ça signifie que c’est le chaos. C’est la volonté unilatérale d’un seul homme qui prime. Et Carney—par sa passivité, par son silence, par son acceptation—entérine ça. Il normalise ça. Il dit au monde que c’est la nouvelle réalité. Et peut-être que ça l’est. Peut-être que je me trompe. Peut-être que dans le nouvel ordre mondial de 2025, c’est comme ça que ça marche. C’est le fort qui gagne. C’est la puissance brute. C’est la volatilité imprévisible d’un autocrate qui décide arbitrairement de détruire des accords, des économies, des relations. Et les petites nations? Les nations moyenne-puissance comme le Canada? Elles doivent juste… attendre. Accepter. Se taire. Espérer que le tyran change d’avis demain.

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La perspective tragique : Carney ne gagnera jamais cette partie

Voilà l’horrible vérité que personne n’ose dire clairement. Carney ne gagnera pas. Il ne sortira pas de cette situation victorieux. Le mieux qu’il peut espérer? Un accord terrible. Un accord où le Canada fait tellement de concessions que l’économie s’en remet à peine. Ou pire—pas d’accord du tout. Juste des tarifs permanents. Une nouvelle normalité où le commerce canado-américain fonctionne à 60 % de sa capacité. À 50 %. Peut-être même moins. Et Trump? Trump s’en fout. Trump remporte ça politiquement. Il dit à ses électeurs : « J’ai défendu l’Amérique contre le Canada. » C’est faux. C’est une inversion totale de la réalité. Mais ça marche. Trump remporte l’opinion publique. Trump remporte la bataille politique. Et Carney? Carney rentre à Ottawa avec des miettes. Des accords sectoriels. Une acalmie temporaire. Et le Canada continue à saigner. À ralentir. À perdre sa place dans l’économie mondiale. Parce que Carney n’avait jamais les cartes pour gagner. Il n’a jamais eu les outils. Il n’a jamais eu l’option du non. Trump savait ça. Donc Trump pouvait être brutal. Donc Trump pouvait détruire les négociations sans conséquence. C’est la géopolitique de 2025. C’est la réalité où les petits ne peuvent pas tenir tête aux grands.

Le silence comme arme du vaincu

Et voilà ce que je vais te laisser avec. Carney sur le tarmac. En silence. Pas parce qu’il est sage. Pas parce qu’il est mesuré. Pas parce qu’il est stratégique. Mais parce qu’il a été vaincu. Complètement. Totalement. Et le silence? Le silence c’est la seule arme qui reste quand tu ne peux plus rien faire. « On ne peut pas contrôler la politique commerciale américaine », dit-il. Et c’est ça. C’est la capitulation déguisée en sagesse. C’est l’acceptation déguisée en stoïcisme. Carney aurait pu hurler. Carney aurait pu crier au despotisme. Carney aurait pu dire que c’est illégal, immoral, injustifiable. Mais il ne l’a pas fait. Il a parlé d’Asie. Il a parlé de stratégie à long terme. Il a parlé de ce qu’on « peut contrôler ». Et voilà le message qu’il envoie. Voilà ce que les petites nations écoutent partout sur la planète : « si vous vous opposez à l’Amérique, vous perdez. Et alors vous vous taisez. » Carney n’a plus rien à dire. Parce que Trump a gagné. Et tout ce qu’il peut faire, maintenant, c’est attendre que le prochain coup arrive.

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Source : Toronto Sun

 

Ça s’est passé un… 25 octobre

2020

Formule 1 : Lewis Hamilton remporte le grand prix du Portugal et devance Michael Schumacher en tête du plus grand nombre de victoires en carrière (92).

2010

Taylor Swift lance son 3e disque, «Speak Now» qui sera élu Disque de l’année par Billboard.

2007

Premier vol commercial d’un Airbus A380, opéré par Singapore Airlines, entre Singapour et Sydney, Australie.

1978

Le film «Halloween», dirigé par John Carpenter, avec Donald Pleasence et Jamie Lee Curtis dans son premier film, est lancé.

1968

Yoko Ono announce être enceinte de John Lennon.

1964

Les Rolling Stones chantent pour la première fois au Ed Sullivan Show de New York.

1955

Le premier micro-ondes domestique est vendu par la Tappan Company.

1954

Jean Drapeau est élu pour un premier mandat à la mairie de Montréal.

1944

Pour la première fois, lors de la bataille du golf Leyte, les Japonais déploient des Kamikazes, des pilotes d’avion se suicidant sur le pont des avions ennemis.

1881

Naissance de Pablo Picasso à Malaga en Espagne.

1861

La bourse de Toronto (Toronto Stock Exchange) est créée.

Ça s’est passé un… 26 octobre

2017

Jacinda Ardern est assermentée première ministre de la Nouvelle-Zélande. Elle devient à 37 ans la plus jeune femme à la tête d’un gouvernement dans le monde.

1997

Jacques Villeneuve devient champion du monde de la F1 à Jerez en Espagne.

1992

L’accord de Charlottetown est rejeté. Il devait unir le Canada.

1990

Wayne Gretzky des Kings de Los Angeles est le premier hockeyeur à inscrire 2000 points dans la LNH.

1984

Le film «The Terminator» dirigé par James Cameron, avec Arnold Schwarzenegger et Linda Hamilton prend l’affiche.

John McCollum, 19 ans, se suicide en écoutant la chanson «Suicide Solution» d’Ozzy Osbourne. Après un procès, le chanteur ne sera pas inculpé.

1965

Les Beatles reçoivent l’Ordre de l’Empire britannique à Buckingham Palace.

1951

Winston Churchill devient premier ministre de la Grande-Bretagne.

1950

Mère Teresa crée les Missionnaires de la Charité à Calcutta en Inde.

1922

Le gouvernement italien démissionne sous les pressions des fascistes et Benito Mussolini.

Quand un juge fédéral compare le discours de Trump du 6 janvier au terrorisme

Introduction

Les mots ont un poids. Parfois, ils tuent. Le 24 octobre 2025, dans une salle d’audience de la Cour d’appel du quatrième circuit, une juge fédérale a tracé une ligne explosive entre le discours prononcé par le président Donald Trump lors de l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021 et les propos d’un universitaire musulman condamné pour terrorisme. Stephanie Thacker, nommée sous l’administration Obama, a déclaré sans détour que les deux discours sonnaient «pareil». Pareil. Un mot simple, dévastateur, qui vient frapper de plein fouet la rhétorique présidentielle et réveille des fantômes que l’Amérique croyait avoir enterrés. Cette comparaison intervient dans le cadre d’un appel concernant Ali Al-Timimi, un chercheur en cancer et érudit musulman condamné en 2005 pour avoir incité des jeunes hommes à rejoindre les talibans après le 11 septembre. Mais ce n’est pas Al-Timimi qui a retenu l’attention ce jour-là — c’est Trump, dont les paroles prononcées devant le Capitole en flammes résonnent encore dans les tribunaux américains.

Cette déclaration d’une juge fédérale n’est pas anodine. Elle survient alors que Trump, réélu en novembre 2024 et investi en janvier 2025, poursuit sa campagne de répression contre ce qu’il appelle le «terrorisme domestique de gauche». Pendant que son administration bombarde des bateaux dans les Caraïbes et déploie des porte-avions pour traquer des narcotrafiquants présumés, une magistrate ose poser la question qui dérange : et si le vrai exemple de provocation à la violence venait du sommet de l’État ? Et si le discours présidentiel du 6 janvier était, juridiquement parlant, indistinguable de celui d’un terroriste condamné ? La question n’est plus hypothétique. Elle a été posée en plein tribunal, devant des procureurs fédéraux embarrassés, et elle ouvre une brèche immense dans la façade de légitimité que Trump tente de maintenir. Parce que si ses propres mots peuvent être utilisés comme exemple de terrorisme, alors toute sa rhétorique sur la sécurité nationale s’effondre.

Le contexte de l’audience : l’affaire Ali Al-Timimi

L’affaire qui a servi de toile de fond à cette déclaration explosive remonte à septembre 2001. Ali Al-Timimi, chercheur en biologie du cancer et érudit musulman, a été condamné en 2005 pour avoir tenu un discours devant un groupe de jeunes hommes musulmans dans les jours suivant les attentats du 11 septembre. Selon l’accusation, Al-Timimi les a encouragés à se rendre au Pakistan pour recevoir un entraînement militaire et rejoindre les talibans en prévision d’une offensive américaine en Afghanistan. Il a été reconnu coupable d’incitation au terrorisme et condamné à la prison à perpétuité. Mais à l’automne 2024, un juge a annulé certaines de ses condamnations, estimant qu’elles violaient peut-être le Premier Amendement — la liberté d’expression. C’est cet appel que la Cour du quatrième circuit examinait le 24 octobre 2025.

Gordon Kromberg, procureur fédéral expérimenté qui a supervisé plus de 200 condamnations liées au terrorisme, défendait les convictions d’Al-Timimi. Son argument principal ? Les propos d’Al-Timimi n’étaient pas un discours public protégé par la Constitution, mais une incitation privée à commettre des actes violents. «Je ne prends pas position sur ce qui se passe lorsqu’un orateur public s’adresse au monde via la télévision, par opposition à quelqu’un qui sait qu’il s’engage dans des activités illicites et qui dit ‘Éteignez les téléphones, fermez les portes’», a expliqué Kromberg, cherchant à établir une distinction claire entre un discours public et une conspiration secrète. Mais c’est précisément sur ce point que la juge Thacker a frappé, avec une précision chirurgicale.

La comparaison explosive de la juge Thacker

Stephanie Thacker n’a pas tourné autour du pot. Face au procureur Kromberg, elle a posé une question hypothétique qui était, en réalité, tout sauf hypothétique : «Imaginez une grande assemblée d’individus, frustrés par le Congrès, se rassemblant sur le Washington Mall, certains armés et connus pour être armés, pendant qu’un leader se tient devant eux, pas à l’étranger mais ici même, déclarant : ‘Descendez la rue et battez-vous comme des diables. Je serai là avec vous.’» La description était limpide. Thacker parlait du 6 janvier 2021, lorsque Trump, depuis l’Ellipse près de la Maison-Blanche, avait exhorté ses partisans à marcher vers le Capitole alors que le Congrès certifiait la victoire électorale de Joe Biden. «Ça sonne pareil», a-t-elle conclu, établissant un parallèle direct entre les paroles de Trump et celles d’Al-Timimi.

Cette comparaison est dévastatrice pour plusieurs raisons. Premièrement, elle vient d’une juge fédérale, nommée à vie, dont les opinions ont un poids juridique considérable. Deuxièmement, elle est formulée dans le cadre d’une affaire de terrorisme, établissant ainsi un lien formel entre le discours présidentiel et l’incitation terroriste. Troisièmement, elle sape l’argument principal de l’administration Trump selon lequel seuls les «extrémistes de gauche» représentent une menace terroriste. Si le discours de Trump «sonne pareil» à celui d’un terroriste condamné, alors la question devient : qui est vraiment le danger pour la démocratie américaine ? Kromberg, pris au dépourvu, s’est abstenu de commenter directement le comportement de Trump, se contentant de répéter que le cas d’Al-Timimi était différent parce qu’il s’agissait d’une réunion secrète. Mais la graine était plantée, et le parallèle, impossible à effacer.

Le discours de Trump du 6 janvier 2021 revisité

Que s’est-il exactement passé le 6 janvier 2021 ? Pendant des semaines, Donald Trump avait martelé que l’élection présidentielle lui avait été «volée» par une fraude massive — une affirmation sans preuves, rejetée par tous les tribunaux et autorités électorales. Le 6 janvier, alors que le Congrès se réunissait pour certifier la victoire de Joe Biden, Trump a convoqué ses partisans à Washington pour un rassemblement devant la Maison-Blanche. Dans son discours depuis l’Ellipse, il a répété ses mensonges sur la fraude électorale, puis a exhorté la foule à marcher vers le Capitole. «Vous devez vous battre comme des diables, sinon vous n’aurez plus de pays», a-t-il déclaré. «Nous allons marcher vers le Capitole, et je serai là avec vous.» Des milliers de ses partisans, certains lourdement armés, ont alors pris d’assaut le bâtiment du Congrès.

Ce qui a suivi est gravé dans l’histoire comme l’une des journées les plus sombres de la démocratie américaine. Des émeutiers ont brisé des fenêtres, envahi les couloirs sacrés du Congrès, menacé des élus. Ils cherchaient le vice-président Mike Pence, scandant «Pendez Mike Pence» parce qu’il avait refusé d’annuler la certification électorale. Cinq personnes sont mortes ce jour-là, dont un policier battu à mort. Plus de 140 officiers ont été blessés. Et Trump ? Il a regardé les événements se dérouler à la télévision pendant des heures sans intervenir, selon les témoignages recueillis par la commission d’enquête du Congrès. À 14h24, alors que Pence était évacué d’urgence, Trump a tweeté pour attaquer son propre vice-président, alimentant encore davantage la rage de la foule. Des élus républicains, des commentateurs de Fox News, même son propre fils, ont supplié Trump d’ordonner aux émeutiers de se retirer. Il ne l’a fait que des heures plus tard, dans une vidéo où il leur disait qu’il les aimait.

J’essaie d’imaginer ce moment. Un président, assis devant sa télévision, regardant ses partisans saccager le Congrès — et ne faisant rien. Pire : alimentant leur fureur par des tweets vengeurs. Comment appelle-t-on quelqu’un qui incite une foule à la violence, puis refuse de l’arrêter ? En droit, il y a un mot pour ça. Et la juge Thacker vient de le prononcer à haute voix.

La distinction juridique entre discours protégé et incitation criminelle

Le Premier Amendement de la Constitution américaine protège la liberté d’expression, y compris les discours politiques les plus extrêmes. Mais cette protection a des limites. Depuis l’arrêt Brandenburg c. Ohio en 1969, la Cour suprême a établi qu’un discours peut être criminalisé s’il incite de manière «imminente» et «probable» à une action illégale. Autrement dit, si vos paroles poussent directement et immédiatement quelqu’un à commettre un crime, vous n’êtes plus protégé par la Constitution. C’est précisément cette ligne que la juge Thacker explorait lors de l’audience sur Al-Timimi. Où se situe la frontière entre un discours politique vigoureux et une incitation au crime ? Et si les paroles de Trump franchissent cette ligne, pourquoi n’a-t-il jamais été poursuivi pour cela ?

Le juge fédéral Amit Mehta, qui a supervisé plusieurs procès d’émeutiers du 6 janvier, a conclu en 2022 que le discours de Trump constituait «de manière plausible des paroles d’incitation non protégées par le Premier Amendement». Cette analyse s’appuyait sur plusieurs facteurs : Trump savait que certains de ses partisans étaient armés — il avait même ordonné de retirer les magnétomètres pour leur permettre de rejoindre la foule. Il les a dirigés vers le Capitole avec des instructions explicites de «se battre». Et surtout, il a refusé d’intervenir pendant des heures alors que la violence faisait rage. Ces actes manifestes, combinés au discours, transforment des paroles ambiguës en incitation criminelle. Le juriste constitutionnel Eugene Volokh note que lorsqu’un discours politique est ambigu, les actions connexes peuvent clarifier l’intention — et dans le cas de Trump, ces actions pointent toutes vers une volonté délibérée de provoquer la violence.

L’affaire fédérale contre Trump : un procès qui n’aura jamais lieu

Le 1er août 2023, un grand jury fédéral a inculpé Donald Trump dans le district de Columbia pour quatre chefs d’accusation liés à ses tentatives de renverser l’élection de 2020, y compris son rôle dans l’assaut du Capitole. Les charges incluaient la conspiration pour frauder les États-Unis, l’obstruction d’une procédure officielle, et la conspiration contre les droits des citoyens. L’acte d’accusation, rédigé par le procureur spécial Jack Smith, mentionnait six co-conspirateurs non nommés et décrivait en détail les actions de Trump avant, pendant et après le 6 janvier. C’était la première fois qu’un président américain était inculpé pour des actions commises pendant son mandat. Trump a plaidé non coupable le 3 août 2023, devant la juge Tanya Chutkan.

Mais ce procès n’aura jamais lieu. Après sa réélection en novembre 2024, Trump a ordonné le retrait de toutes les poursuites fédérales contre lui, invoquant l’immunité présidentielle. Le ministère de la Justice, désormais sous son contrôle, a abandonné les charges. Jack Smith a été limogé, ses enquêtes classées. Les 43 pages d’accusations détaillées — les faux électeurs, les pressions sur Mike Pence, les tentatives de manipulation des résultats dans des États clés, le refus d’intervenir pendant l’assaut — tout cela a été enterré. Trump a gracié les émeutiers du 6 janvier, qualifiant certains d’entre eux de «patriotes» et de «prisonniers politiques». Plus de 1 200 personnes ont été inculpées pour leur participation à l’assaut ; beaucoup ont maintenant été libérées grâce aux grâces présidentielles. L’homme qui les a incités ? Il siège à nouveau dans le Bureau ovale.

Stephanie Thacker : une juge qui n’a pas peur de défier le pouvoir

Stephanie Thacker n’est pas une inconnue des controverses judiciaires. Nommée à la Cour d’appel du quatrième circuit par Barack Obama en 2012, elle a été confirmée par le Sénat par un vote de 91 contre 3 — un consensus rare dans l’Amérique polarisée d’aujourd’hui. Depuis, elle s’est distinguée par des décisions courageuses, souvent en opposition avec l’administration Trump. En avril 2025, elle a fait partie d’un panel de trois juges qui a ordonné au gouvernement de ramener aux États-Unis Kilmar Abrego Garcia, un immigrant illégal que l’administration avait expulsé par erreur vers le Salvador. Dans son opinion, Thacker a écrit des mots cinglants : «Le gouvernement américain n’a aucune autorité légale pour arracher une personne légalement présente aux États-Unis dans la rue et la retirer du pays sans procédure régulière. L’argument contraire du gouvernement, et son affirmation que les tribunaux fédéraux sont impuissants à intervenir, sont inadmissibles.»

Cette décision a provoqué la fureur de Trump, qui a attaqué Thacker sur les réseaux sociaux, la qualifiant de «juge de gauche» et suggérant qu’elle devrait être destituée. Mais Thacker n’a pas reculé. Son opinion dans l’affaire Abrego Garcia a souligné les dangers d’un gouvernement qui s’arroge le pouvoir de déporter des gens sans procédure régulière : «Si le respect de la procédure régulière n’a aucune importance, qu’est-ce qui empêche le gouvernement de retirer et de refuser de ramener un résident permanent légal, ou même un citoyen de naissance ?» Cette question résonne désormais dans l’affaire Al-Timimi, où Thacker pose essentiellement la même interrogation : si le discours de Trump peut inciter à la violence sans conséquences juridiques, qu’est-ce qui empêche n’importe quel leader politique de faire de même ? La réponse, apparemment, est : rien.

Il faut du courage pour être juge dans l’Amérique de Trump. Pas le courage physique — quoique, avec les menaces qui pleuvent sur les magistrats, peut-être aussi. Mais le courage intellectuel, celui de regarder le pouvoir en face et de dire : «Vous avez tort.» Thacker possède ce courage. Et elle vient de l’utiliser pour dire ce que beaucoup pensent mais n’osent pas formuler : Trump a incité au terrorisme.

La réponse embarrassée du procureur Kromberg

Gordon Kromberg, le procureur fédéral défendant les condamnations d’Al-Timimi, s’est retrouvé dans une position intenable. Comment justifier la condamnation d’un homme pour avoir incité à la violence lors d’une réunion privée, tout en ignorant les paroles d’un président qui a fait de même devant des millions de téléspectateurs ? Kromberg a tenté de maintenir une distinction : Al-Timimi savait qu’il conspirait, puisqu’il avait demandé aux participants d’éteindre leurs téléphones et de fermer les portes. C’était une réunion secrète, avec l’intention claire de cacher des activités illégales. Trump, en revanche, parlait publiquement, devant les caméras. «Je ne prends pas position sur ce qui se passe lorsqu’un orateur public s’adresse au monde via la télévision», a déclaré Kromberg, refusant de commenter directement le comportement du président.

Mais cette distinction tient-elle vraiment la route ? Oui, Al-Timimi a tenu sa réunion en privé. Mais Trump a agi en pleine lumière, devant des millions de témoins — ce qui, si l’on suit la logique de Kromberg, devrait rendre son discours encore plus condamnable, pas moins. Un terroriste qui incite à la violence en secret peut être arrêté avant que ses paroles ne causent des dégâts. Un président qui le fait en direct à la télévision provoque immédiatement une émeute meurtrière. De plus, Trump disposait d’informations que Al-Timimi n’avait pas : il savait que ses partisans étaient armés, il avait ordonné le retrait des détecteurs de métaux, il avait tenté de les accompagner au Capitole (empêché seulement par le Secret Service). Tous ces éléments constituent des actes manifestes qui transforment un discours ambigu en conspiration criminelle. Kromberg le sait. La juge Thacker le sait. Et tout le monde dans cette salle d’audience le savait.

Le précédent dangereux d’une impunité présidentielle

La comparaison de Thacker soulève une question fondamentale : pourquoi Trump n’a-t-il jamais été poursuivi pour incitation à l’émeute ? La réponse tient en un mot : pouvoir. Lorsque le ministère de la Justice a envisagé des poursuites en 2021 et 2022, Trump n’était plus président, mais il restait le leader incontesté du Parti républicain et le favori pour 2024. Poursuivre un ancien président pour ses paroles, aussi incendiaires soient-elles, aurait déclenché une tempête politique. Le procureur général Merrick Garland, prudent à l’excès, a hésité. Ce n’est qu’en novembre 2022, sous la pression de la commission d’enquête du 6 janvier, qu’il a nommé Jack Smith procureur spécial. Mais il était déjà trop tard. Trump a annoncé sa candidature pour 2024, ce qui a compliqué les poursuites. Puis il a gagné l’élection, et toute l’affaire s’est effondrée.

Ce précédent est catastrophique pour la démocratie américaine. Il établit qu’un président peut inciter à la violence, provoquer une insurrection, tenter de renverser une élection — et s’en sortir impunément, tant qu’il conserve suffisamment de pouvoir politique. C’est l’essence même de l’autoritarisme : les lois s’appliquent aux faibles, pas aux puissants. Ali Al-Timimi croupit en prison pour avoir tenu un discours devant une poignée d’hommes dans une pièce fermée. Donald Trump est à la Maison-Blanche après avoir incité des milliers de personnes à attaquer le Capitole en direct à la télévision. La juge Thacker a mis le doigt sur cette injustice criante, et son intervention pourrait bien marquer un tournant. Parce que si les tribunaux commencent à reconnaître publiquement que le discours de Trump «sonne pareil» à celui d’un terroriste, alors l’argument de l’immunité présidentielle devient insoutenable.

Trump et sa guerre contre le «terrorisme de gauche»

L’ironie de cette comparaison judiciaire est qu’elle survient alors que Trump mène une campagne agressive contre ce qu’il appelle le «terrorisme domestique de gauche». Depuis son investiture en janvier 2025, son administration a adopté une série de mesures répressives visant les militants progressistes, les manifestants antifascistes, et même certains groupes écologistes. En septembre 2025, Trump a signé un mémorandum présidentiel ordonnant aux agences fédérales de traquer et de poursuivre les «acteurs violents de gauche». Son ancien chef de cabinet, Stephen Miller, a déclaré qu’il existait «un mouvement important et croissant de terrorisme de gauche dans ce pays, protégé par des élites libérales». Cette rhétorique a justifié des arrestations massives, des perquisitions sans mandat, et même la proposition d’invoquer la loi martiale dans certaines villes.

Mais les données contredisent cette narration. Selon un rapport de NPR publié le 25 octobre 2025, les statistiques du FBI montrent que la majorité des actes de terrorisme domestique aux États-Unis proviennent de l’extrême droite, pas de la gauche. Les suprématistes blancs, les milices d’extrême droite, et les groupes conspirationnistes comme QAnon ont commis l’écrasante majorité des attentats meurtriers depuis 2015. Pourtant, l’administration Trump a réorienté les ressources fédérales pour cibler principalement les groupes de gauche. C’est une inversion complète de la réalité, une manipulation politique destinée à criminaliser l’opposition. Et maintenant, une juge fédérale vient de rappeler une vérité gênante : si quelqu’un a incité au terrorisme, c’est Trump lui-même, le 6 janvier 2021. Pas les antifascistes. Pas les écologistes. Le président des États-Unis.

Projection. C’est le terme psychologique pour décrire quelqu’un qui accuse les autres de ses propres fautes. Trump excelle dans cet art. Il crie au terrorisme de gauche tout en ayant lui-même provoqué l’attaque la plus violente contre la démocratie américaine depuis la guerre de Sécession. Il poursuit des manifestants pacifiques pendant que ses propres partisans, graciés, célèbrent leur assaut contre le Congrès. La juge Thacker vient de briser ce miroir déformant.

Les implications juridiques futures de cette déclaration

La déclaration de Thacker pourrait avoir des répercussions bien au-delà de l’affaire Al-Timimi. En établissant publiquement un parallèle entre le discours de Trump et l’incitation terroriste, elle crée un précédent argumentatif que d’autres juges, avocats, et universitaires pourront citer. Des poursuites civiles contre Trump pour son rôle dans le 6 janvier sont toujours en cours — notamment des actions intentées par des policiers blessés et des membres du Congrès traumatisés. Les avocats de ces plaignants pourraient désormais invoquer les propos de Thacker pour renforcer leurs arguments : si une juge fédérale considère que le discours de Trump «sonne pareil» à celui d’un terroriste condamné, alors il devrait être tenu responsable des conséquences de ses paroles. De plus, cette comparaison pourrait influencer les débats futurs sur la responsabilité pénale des leaders politiques.

Mais il y a aussi un risque. Les conservateurs pourraient utiliser cette déclaration pour alimenter leur narration selon laquelle les juges «de gauche» poursuivent une vendetta politique contre Trump. Déjà, des commentateurs pro-Trump sur les réseaux sociaux ont accusé Thacker de partisanerie, exigeant sa destitution. Trump lui-même pourrait tweeter (ou «Truth» sur son réseau social) une attaque personnelle contre la juge, comme il l’a fait par le passé. Cette escalade pourrait menacer l’indépendance du pouvoir judiciaire, déjà fragilisée par les attaques constantes de Trump contre les magistrats qui osent le contrarier. Mais Thacker semble prête à affronter cette tempête. Son historique montre une juge qui ne recule pas devant les menaces ou les pressions politiques. Et sa question, posée le 24 octobre, restera dans les annales : «Ça sonne pareil, n’est-ce pas ?»

Le silence assourdissant des Républicains

Face à cette comparaison explosive, la réaction du Parti républicain a été… un silence presque total. Aucun leader républicain de premier plan n’a commenté les propos de la juge Thacker. Aucun n’a défendu Trump en affirmant que son discours était fondamentalement différent de celui d’un incitateur terroriste. Ce silence est révélateur. Il suggère que même les plus fervents alliés de Trump savent, au fond, que la comparaison tient la route — et qu’ils préfèrent ignorer le problème plutôt que de le confronter. Après le 6 janvier 2021, certains Républicains avaient brièvement condamné Trump. Le leader de la minorité au Sénat, Mitch McConnell, avait déclaré que Trump était «pratiquement et moralement responsable» de l’assaut. Mais cette fenêtre de lucidité s’est rapidement refermée. Aujourd’hui, le Parti républicain est entièrement sous le contrôle de Trump.

Ce silence complice transforme l’ensemble du parti en coauteur de l’impunité présidentielle. En refusant de reconnaître que Trump a franchi une ligne rouge, les Républicains normalisent l’idée qu’un président peut inciter à la violence sans conséquences. Ils créent un précédent dangereux pour les futures générations : si Trump peut s’en tirer, pourquoi pas le prochain leader autoritaire ? Cette abdication morale rappelle les heures les plus sombres de l’histoire, lorsque des partis politiques entiers se sont ralliés à des dirigeants destructeurs par lâcheté ou opportunisme. La question posée par la juge Thacker devrait forcer chaque élu républicain à se regarder dans le miroir et à se demander : du côté de quelle histoire vais-je me retrouver ? Mais ils ne le feront probablement pas. Parce que le pouvoir, une fois goûté, est une drogue plus puissante que la vérité.

Le silence peut être une forme de violence. Quand on sait qu’une injustice a été commise et qu’on refuse de parler, on devient complice. Les Républicains le savent. Ils ont vu les images du 6 janvier. Ils ont entendu le discours de Trump. Et ils choisissent le silence, parce que dénoncer Trump signifierait perdre le pouvoir. Alors ils se taisent, et la démocratie agonise dans leur mutisme.

La commission du 6 janvier et ses conclusions enterrées

Entre 2021 et 2023, une commission d’enquête bipartisane du Congrès a passé au crible les événements du 6 janvier. Présidée par le représentant démocrate Bennie Thompson et la républicaine Liz Cheney, la commission a interrogé plus de 1 000 témoins, examiné des milliers de documents, et tenu des audiences publiques télévisées. Ses conclusions, publiées en décembre 2022, étaient accablantes : Trump avait orchestré une «conspiration en sept parties» pour renverser l’élection. Il avait menti sur la fraude électorale. Il avait fait pression sur des responsables électoraux dans des États clés. Il avait organisé un plan de faux électeurs. Il avait tenté de forcer Mike Pence à rejeter les votes électoraux. Il avait incité la foule à marcher vers le Capitole. Et surtout, il avait refusé d’intervenir pendant des heures alors que la violence faisait rage, regardant les événements se dérouler à la télévision avec ce qu’un témoin a décrit comme de la satisfaction.

La commission a recommandé que Trump soit poursuivi pour insurrection, obstruction d’une procédure officielle, et conspiration pour frauder les États-Unis. Mais ces recommandations n’avaient aucun poids juridique contraignant. Le ministère de la Justice de Merrick Garland a finalement inculpé Trump en août 2023, mais les poursuites ont traîné en longueur, retardées par des manœuvres juridiques et des appels. Puis Trump a gagné l’élection de 2024, et tout s’est arrêté. Aujourd’hui, le rapport de la commission est un document historique sans conséquence immédiate. Les témoignages — ceux d’anciens collaborateurs de Trump, de membres de sa famille, de responsables républicains — sont enterrés sous une avalanche de propagande et de révisionnisme. Trump a gracié les émeutiers, licencié les procureurs, et effacé toute trace de responsabilité. Mais il ne peut pas effacer les mots de la juge Thacker.

Barack Obama et la défense tardive de la démocratie

Dans ce paysage désolé, une voix s’est récemment élevée avec une force inédite : celle de Barack Obama. L’ancien président, habituellement réservé depuis son départ de la Maison-Blanche, a rompu son silence en août 2025 avec un discours cinglant contre Trump. «Trump a transformé l’Amérique d’un modèle de démocratie en un système autoritaire truqué», a déclaré Obama devant une foule de partisans démocrates. Il a directement accusé Trump d’avoir incité à la violence le 6 janvier, affirmant que les mots d’un président ont un «poids immense» et que, lorsqu’ils alimentent la colère au lieu de favoriser le dialogue, ils encouragent des comportements radicaux. Obama a souligné que la démocratie dépend de la liberté de la presse et du respect des institutions indépendantes — deux piliers que Trump n’a cessé d’attaquer.

Selon des sources citées par Afrimag le 24 octobre 2025, Obama mène désormais des efforts «inédits» en coulisse pour contrer Trump. Il aurait rencontré des leaders démocrates, des donateurs, et même certains Républicains modérés pour construire une coalition de résistance. Mais est-ce trop peu, trop tard ? Trump contrôle désormais tous les leviers du pouvoir fédéral. Il a purgé le ministère de la Justice, nommé des loyalistes à des postes clés, et graciés ses alliés condamnés. L’opposition démocrate est fragmentée et démoralisée. Dans ce contexte, les paroles d’Obama, aussi nobles soient-elles, ressemblent à un cri dans le désert. Pourtant, elles résonnent avec la déclaration de la juge Thacker : tous deux affirment que Trump a franchi une ligne rouge, et que le silence face à cette transgression est inacceptable.

Obama parle enfin. Mais où était-il en 2021, quand Trump incitait à l’insurrection ? Où était-il en 2023, quand les poursuites traînaient en longueur ? Les anciens présidents ont une responsabilité morale de défendre la démocratie, même après leur départ. Obama l’a compris trop tard. Maintenant, il rattrape le temps perdu. Mais le mal est fait.

Les attaques de Trump contre les juges

Trump a toujours eu une relation toxique avec le pouvoir judiciaire. Depuis le début de sa première présidence en 2017, il a attaqué publiquement des dizaines de juges qui ont osé statuer contre lui. Il les qualifie de «partisans», d’«activistes de gauche», de «juges Obama» ou de «juges Clinton», comme si leur nomination déterminait automatiquement leurs décisions. En mars 2025, lorsque le juge James Bosberg a temporairement bloqué l’expulsion de membres présumés du gang vénézuélien Tren de Aragua, Trump l’a attaqué sur Truth Social, le qualifiant de «juge d’extrême gauche fou, fauteur de trouble, tristement nommé par Barack Hussein Obama» — utilisant délibérément le deuxième prénom d’Obama pour jouer sur les préjugés islamophobes. Trump a ajouté que Bosberg, «comme beaucoup de juges corrompus devant lesquels je dois comparaître, devrait être destitué».

Ces attaques ont un effet glacial sur le pouvoir judiciaire. Elles visent à intimider les juges, à saper la confiance du public dans les tribunaux, et à préparer le terrain pour rejeter toute décision défavorable comme politiquement motivée. Mais elles ont aussi provoqué une réponse rare : le juge en chef de la Cour suprême, John Roberts, habituellement silencieux sur les questions politiques, a publié un communiqué rappelant à Trump que «depuis plus de deux siècles, il est établi que la destitution d’un juge ne peut se faire sur la base de désaccords avec ses décisions». Roberts a souligné l’importance de l’indépendance judiciaire comme pilier de la démocratie. Mais Trump a ignoré cet avertissement, continuant ses attaques. Désormais, avec la déclaration de Thacker, il a une nouvelle cible. On peut s’attendre à ce qu’il la dénonce publiquement dans les jours à venir, amplifiant la pression sur une juge qui ose dire la vérité.

Le parallèle historique avec d’autres régimes autoritaires

Ce qui se passe aux États-Unis n’est pas sans précédent historique. D’autres démocraties ont sombré dans l’autoritarisme en suivant un schéma similaire : un leader charismatique incite à la violence, échappe aux conséquences grâce à son pouvoir politique, puis consolide son contrôle en attaquant les institutions indépendantes. L’historien Timothy Snyder, spécialiste du fascisme européen, a averti dès 2017 que l’Amérique suivait une trajectoire dangereuse. Dans son livre «On Tyranny», il décrit vingt leçons tirées du XXe siècle pour résister à l’autoritarisme. L’une d’elles : «Défendez les institutions». Une autre : «Méfiez-vous des paramilitaires» — un avertissement particulièrement pertinent lorsque Trump a gracié les émeutiers du 6 janvier et a encouragé des groupes comme les Proud Boys et les Oath Keepers.

Le parallèle avec l’Allemagne de Weimar est souvent invoqué, parfois à tort, mais certains éléments résonnent : un leader qui exploite les frustrations populaires, qui dénonce les élites et les institutions, qui incite à la violence tout en prétendant défendre l’ordre. Le putsch de la brasserie en 1923, lorsque Hitler a tenté de renverser le gouvernement bavarois, s’est soldé par un échec et une condamnation à la prison. Mais quelques années plus tard, il était au pouvoir, légitimé par des élections. Trump a échoué le 6 janvier 2021. Mais en 2024, il a été réélu. Et maintenant, il utilise ce mandat pour purger ses adversaires, réécrire l’histoire, et s’assurer que personne ne pourra jamais le tenir responsable. La juge Thacker résiste à cette réécriture. Mais combien d’autres juges, de politiciens, de citoyens ordinaires auront le courage de faire de même ?

L’histoire ne se répète pas, mais elle rime. Les mécanismes de l’autoritarisme sont toujours les mêmes : mentir, intimider, diviser, puis consolider le pouvoir en éliminant toute opposition. Snyder nous a avertis. La juge Thacker nous avertit. Combien d’avertissements faudra-t-il avant qu’on agisse ?

Que peut-on encore faire face à cette dérive ?

La question qui hante l’Amérique aujourd’hui est simple et terrifiante : que peut-on encore faire ? Trump contrôle l’exécutif. Les Républicains contrôlent le Congrès. La Cour suprême, avec sa majorité conservatrice de 6-3, a déjà statué en faveur d’une forme d’immunité présidentielle élargie dans l’affaire Trump c. États-Unis en juillet 2024, rendant encore plus difficile toute poursuite future. Les médias traditionnels sont affaiblis, accusés quotidiennement d’être des «ennemis du peuple». Les réseaux sociaux sont inondés de désinformation pro-Trump. Face à cette concentration de pouvoir, les options semblent limitées. Mais elles existent. Les tribunaux inférieurs, comme celui où siège la juge Thacker, restent des bastions d’indépendance. Des juges courageux peuvent encore, au cas par cas, freiner les abus les plus flagrants. C’est ce que Thacker a fait en avril 2025 dans l’affaire Abrego Garcia, et ce qu’elle a refait le 24 octobre en posant sa question explosive.

Au niveau législatif, des États individuels peuvent adopter des lois pour protéger les droits civils et résister aux surcharges fédérales — une forme de fédéralisme défensif. Des procureurs généraux d’États démocrates ont déjà intenté des dizaines de poursuites contre l’administration Trump pour contester ses politiques. Sur le plan social, des mouvements citoyens peuvent organiser des manifestations, des boycotts, et des campagnes de désobéissance civile. L’histoire montre que même les régimes autoritaires les plus solides peuvent être ébranlés par une résistance populaire déterminée. Mais tout cela nécessite du courage — le courage de parler, de résister, de ne pas se taire face à l’injustice. La juge Thacker a montré ce courage. Barack Obama, tardivement, le montre aussi. Mais ce ne sera pas suffisant. Il faudra des millions de citoyens ordinaires prêts à dire, comme Thacker : «Ça sonne pareil. Et c’est inacceptable.»

Le courage n’est pas l’absence de peur. C’est agir malgré la peur. Thacker sait qu’elle sera attaquée, menacée, peut-être même ciblée par une enquête du ministère de la Justice. Mais elle a parlé quand même. Parce que certaines vérités doivent être dites, peu importe le prix. Nous avons tous ce choix : parler ou nous taire. Résister ou nous soumettre. L’histoire jugera nos décisions.

Conclusion

Le 24 octobre 2025 restera dans l’histoire comme le jour où une juge fédérale a osé dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas : le discours de Donald Trump lors de l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021 «sonne pareil» à celui d’un terroriste condamné. Cette comparaison, formulée par Stephanie Thacker dans le cadre d’une affaire de terrorisme, n’est pas une opinion politique — c’est une analyse juridique. Elle établit un parallèle entre les paroles d’un président incitant une foule armée à marcher sur le Congrès et celles d’un érudit musulman encourageant des jeunes hommes à rejoindre les talibans. Les deux discours ont provoqué la violence. Les deux ont franchi la ligne entre la liberté d’expression et l’incitation criminelle. Mais seul l’un des deux orateurs a été condamné. L’autre siège à la Maison-Blanche.

Cette déclaration survient à un moment crucial de l’histoire américaine. Trump, réélu et réinstallé au pouvoir, poursuit une campagne de répression contre ses adversaires politiques sous couvert de lutte contre le «terrorisme de gauche». Il attaque les juges qui osent le contrarier, gracie les émeutiers qui ont saccagé le Capitole, et réécrit l’histoire pour se présenter comme une victime de persécution politique. Pendant ce temps, les institutions démocratiques s’effritent. Le ministère de la Justice est devenu un outil de vengeance personnelle. Le pouvoir judiciaire est sous attaque constante. Les médias sont qualifiés d’ennemis du peuple. Et la vérité elle-même est devenue une marchandise négociable. Face à cette dérive, la voix de la juge Thacker résonne comme un cri d’alarme. Elle rappelle qu’il existe encore des gardiens de la loi, des magistrats prêts à défendre les principes constitutionnels même lorsque cela les met en danger.

Mais une juge seule ne peut pas sauver la démocratie. Il faudra bien plus que cela. Il faudra que d’autres juges suivent son exemple. Que des élus républicains retrouvent leur courage et se dressent contre Trump. Que les citoyens ordinaires refusent d’accepter cette normalisation de la violence politique. Que les médias continuent de rapporter la vérité malgré les menaces. Que la société civile s’organise pour résister aux abus de pouvoir. La comparaison de Thacker entre Trump et un terroriste condamné n’est pas une provocation gratuite — c’est un rappel brutal d’une réalité que trop de gens préfèrent ignorer. Trump a franchi une ligne rouge le 6 janvier 2021. Il a incité à la violence, provoqué une insurrection, tenté de renverser une élection démocratique. Et il s’en est tiré. Non seulement il n’a jamais été condamné, mais il a été récompensé avec un retour triomphal à la présidence.

Cette impunité crée un précédent catastrophique pour l’avenir. Si un président peut inciter à la violence sans conséquences, alors il n’y a plus de limites au pouvoir exécutif. Si les mots d’un leader politique peuvent provoquer une émeute meurtrière sans que ce leader soit tenu responsable, alors la démocratie devient une façade vide. Ali Al-Timimi est en prison pour avoir prononcé des paroles jugées dangereuses lors d’une réunion privée. Donald Trump est à la Maison-Blanche après avoir prononcé des paroles tout aussi dangereuses devant des millions de téléspectateurs. Cette double mesure de justice — sévère pour les faibles, indulgente pour les puissants — est l’antithèse même de l’État de droit. C’est ce que la juge Thacker a voulu souligner. Et c’est pourquoi sa déclaration du 24 octobre 2025 doit être entendue, répétée, et jamais oubliée.

Dans les semaines et les mois à venir, on peut s’attendre à ce que Trump attaque Thacker, comme il a attaqué tous les juges qui ont osé le contrarier. Il la qualifiera de partisane, d’activiste, peut-être même de «traîtresse». Ses partisans la harcèleront sur les réseaux sociaux. Des commentateurs conservateurs exigeront sa destitution. Mais rien de tout cela n’effacera la vérité qu’elle a énoncée : le discours de Trump du 6 janvier sonne pareil à celui d’un terroriste. Cette vérité restera, gravée dans les archives judiciaires, citée par les historiens futurs, rappelée par tous ceux qui refusent d’oublier. Parce que dans une démocratie en péril, la vérité est la seule arme qui nous reste. Et parfois, il suffit d’une juge courageuse pour la brandir.

Ça s’est passé un… 27 octobre

2019

Tiger Woods devance par trois coups son plus proche poursuivant au Zozo Championship présenté au Accordia Golf & Country Club pour égaler la marque de Sam Snead de 82 victoires sur le circuit de la PGA.

2014

Taylor Swift lance son cinquième disque, «1989» (Disque de l’année Billboard 2015 et Grammy Award 2016).

2002

Emmitt Smith (Dallas Cowboys) devient le meilleur porteur de ballon de l’histoire avec 16 743 verges accumulées.

1982

La Chine annonce que sa population vient de franchir le milliard de personnes.

1970

Time Rice et Andrew Lloyd Webber présente «Jesus Christ Superstar».

1967

Expo 67 à Montréal ferme ses portes. L’exposition universelle aura été vue par plus de 50 millions de visiteurs.

1954

ABC diffuse la première émission de «Disneyland».

1948

La pièce de théâtre «L’État de siège» d’Albert Camus est présentée pour la première fois, à Paris.

1938

DuPont annonce que sa nouvelle fibre synthétique va s’appeler «nylon».

1904

Le métro de New York est mis en opération. Il s’agit du premier métro en Amérique du Nord.

Ça s’est passé un… 29 octobre

2019

La hausse des océans mettra en danger 150 millions de personnes dans le monde, trois fois plus que prévu, conclut une étude de Climate Central, publiée dans Nature Communications.

2015

La Chine annonce la fin de sa politique de l’enfant unique après 35 ans.

2004

Le réseau de télévision arabe Al Jazeera diffuse un extrait vidéo d’Osama bin Laden qui admet pour la première fois être directement responsable des attaques du 11 septembre 2001.

1973

Robert Bourassa est réélu premier ministre du Québec à la tête du Parti libéral du Québec, devant le Parti québécois et le Crédit social. L’union nationale ne compte aucun député.

1965

Les Rolling Stones amorcent leur tournée nord-américaine par un concert à Montréal.

1960

Muhammad Ali (Cassius Clay) remporte son premier combat de boxe professionnel.

1959

«Asterix» de René Goscinny et Albert Uderzo est publié pour la première fois dans le magazine français Pilote.

1945

Le premier stylo bille, une création de Biro, est commercialisé.

1929

La grande dépression débute après un crash de Wall Street.

1863

La Croix-Rouge internationale est fondée.

1787

L’opéra «Don Giovanni», musique de Wolfgang Amadeus Mozart, librettiste de Lorenzo Da Ponte, est présenté en première au théâtre des États de Prague.

Ça s’est passé un… 30 octobre

2023

Lionel Messi se tient sur scène avec ses fils Thiago, Mateo et Ciro après avoir remporté son huitième Ballon d’Or masculin à Paris. 

2018

L’ex-infirmier allemand Niels Högel admet en cour avoir tué plus de 100 patients, faisant de lui l’un des pires tueurs en série du monde.

Le Pentagon aux États-Unis envoie 5200 soldats à la frontière du Mexique pour stopper la caravan de migrants en provenance d’Amérique centrale.

2012

Walt Disney achète Lucasfilm Ltd et les droits sur «Star Wars» et «Indiana Jones» pour 4,05 milliards $ (US).

1995

Victoire du NON au référendum sur la souveraineté du Québec (Non 2 361521 (50.6%), Oui 2 308028 (49.4%).

1974

Muhammad Ali passe le KO à George Foreman au 8e round à Kinshasa au Zaïre.

1973

Le pont Bosphorus à Istanbul, Turquie, est complété. C’est la première fois que l’Europe et l’Asie sont reliées.

1968

Frank Sinatra enregistre la chanson «My Way».

1940

Première du film «One Night in the Tropics», un premier film pour Abbott et Costello.

1938

Orson Welles présente «The War of the Worlds» sur les ondes CBS radio. En raison de la vraisemblance de l’émission, une panique s’installe devant l’invasion des Martiens.

1922

Benito Mussolini forme le gouvernement en Italie.

1692

Fondation de l’hôpital général de Québec.

Test de blockquote

Voici une citation

Il faut qu’elle suive